31 personnes (20 modèles + 11 membres du staff), 1 journée, 20 demoiselles les unes sur les autres pendant 3 h sur un radeau… pour revisiter le « Radeau de la Méduse » de Géricault.

Voir la version plus complète (6 minutes) : Making off du « Radeau des Méduse

 

radeau_meduse_net

radeau des meduses - philippe lucchese

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


TvTours le 15 décembre 2014 – Présentation du projet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

nr_radeau_11_dec_2014
Nouvelle République du 11 décembre 2014

 

 

Les expos 2015 pour voir le « Radeau  des Méduses » et retrouver l’expo de l’Etoile Bleue :

 

20, 21 & 22 Février : La Chapelle Sainte-Anne (La Riche / Tours), le plus bel écrin qu’on puisse avoir pour le « Radeau ». Un lieu magique dans une ancienne chapelle.

24 avril : Neuvy le Roi, dans le cadre de « Si on en parlait ? Sexe, désir, amour » organisé par la DLLP (CG 37). Soirée avec vernissage de l’expo, lecture érotique de Laure Mandereau et projection du film « l’Apollonide, souvenirs de la maison close ».

30 & 31 mai : Vouvray dans le cadre de « Graine d’art ». Exposition dans l’ancien labo du traiteur Hardoin. Lieu désaffecté derrière la mairie, ambiance murs verts décrépis / friche industrielle alimentaire (tout un programme)

Dans les murs de l'Etoile Bleue

 

 

 

Regard sur l’aventure des « Méduses » par Hélène Raynal

 

Radeau2©MariePétry

Dimanche 30 novembre 2014, 10h.
Premières arrivées au Nouvel Atrium de St Avertin. Peu à peu le hall s’emplit de conversations et de sourires, de petits yeux encore à peine éclos comme de danseuses improvisées déjà bien éveillées. Ici et là le matériel s’accumule, maquillage, costumes, fripes, valises, … et le ravitaillement dont chacun et chacune a apporté son écot. 29 belles jeunes femmes, 2 hommes … la croisière s’amuse… avant le début du naufrage…
C’est parti pour relever le défi de faire du célèbre tableau « Le Radeau de la Méduse » de Géricault un « Radeau des Méduses » contemporain et exclusivement féminin…

Les 4 heures de préparation sont un ballet parfois gracieux et gracile, parfois cocasse et coquin des 20 naïades. Valse de peignoirs et de jupons, de corsets et de drapés, ça fripe, ça nippe, ça frisotte, ça papotte. Entre gynécée et harem, l’ambiance est féminine, sensuelle, complice, sans crêpage de chignons. Oups, ici se dévoile un sein sous un tissu qui se décroche ! Ô, là passe une trépassée toute blanche et nue : « je suis un cadavre » ! Côté costume on trie, on essaie, on touche et retouche pour vêtir chacune assez élégamment pour mettre en valeur sa beauté mais assez simplement pour rappeler l’histoire tragique de ces naufragées. Côté maquillage, on réalise des prouesses pour que les visages soient mis en valeur sans paraître trop apprêtés, pour les corps des « mortes » du premier plan ne soient ni trop zombies ni trop vivantes ! Petites tensions vite évacuées devant le résultat qui se profile : 20 modèles prêtes à galérer !

Le Radeau les attend posément sur la scène, bluffant de réalisme par rapport à l’original… et tout aussi dangereux ! Gare aux échardes, mesdemoiselles ! Premières mises en place, premières difficultés, premiers casse-tête qui ne disloqueront qu’en apparence des modèles devenues pour l’heure contorsionnistes. Pour l’heure, pour une heure, pour deux heures, pour trois heures : il y aura des courbatures ce soir ! Mais chacune tient sa position ! Le vent dans les voiles se fait plus frais au fil du temps. « Débranche » pourrait-on chanter à l’arrière de la scène où l’on coupe les ventilateurs entre deux prises de vues. Amusant rôle que celui d’Eole d’un instant… A l’avant-scène, on affine et raffine chaque détail, une jambe, un drap, un bandeau, une expression de visage. Un bras plus vers la gauche, une tête plus vers la droite, des mèches de cheveux rebelles… Le staff fourmille avec Philippe jusqu’à atteindre le meilleur de chacune. Entre deux prises de vue et réglage lumière, les Méduses se relâchent chacune à leur manière dans un tourbillon bruissant de petites étincelles de rires. « J’ai mal au … Philippe ! », « y’a encore une bouteille d’eau ? », « attention les filles, je suis malade », « t’as pas des petits gâteaux » contrastent avec les silences immobiles… Pause infirmerie : le désinfectant ça pique, mais c’est l’arme ultime contre les insidieuses échardes insinuées sous la peau… Au fil du temps et de l’eau imaginaire, le tableau prend forme, chaque essai est de plus en plus fructueux. 1,2,3, « en tension, donnez tout ». Et elles donnent tout, les jolies Méduses… jusqu’à la délivrance après 3h30 de dur labeur pour tous. « Ca y est, on le tient ! » Applaudissements, relâchement, rires… Philippe et « ses » naïades observent le cliché retenu. Chacune se découvre en image tout en recouvrant son corps…

Trois petits tours (à la douche) et puis s’en vont, peu à peu le calme s’installe dans la salle presque vide. Place à la question cruciale pour Philippe, dont seule une modèle détient la clef : un clin d’œil masculin sera-t-il glissé dans le tableau ? Suspense… la seule jeune femme enceinte le saura le lendemain… Alors, Philippe, Théodore t’aurait-il fait un petit coucou fortuit ? Rendez-vous dans quelques mois pour le verdict final ! D’ici là, le Radeau des Méduses va voguer sur tes écrans jusqu’au point final. « Terre, terre ! » Tes 20 colombes ont ouvert la voie vers le rivage d’une belle œuvre… La nuit se referme sur une belle aventure, un naufrage réussi qui n’a laissé sa place qu’à la sympathie, la complicité, l’envie d’un instant commun de travail dans la bonne humeur.

Hélène Raynal

edith_fev_mars_2015_radeaula_tribune_18_fev_2015